Les postures chez les enseignants débutants

Les enseignants débutants doivent durant leur temps de formation construire ces différents gestes et les postures citées ci-dessus et les utiliser en fonction de la situation analysée.

Dominique Bucheton attire l’attention sur le fait que les préoccupations premières des enseignants débutants sont de l’ordre de la gestion du groupe, du temps, de la maîtrise des outils divers (manuels, tableau, affichages…) c’est-à-dire tout ce qui correspond à la posture de contrôle. Dès que la maîtrise du pilotage général est acquise, cette posture passe au second plan pour laisser la place à la posture relative à l’atmosphère qui offre des moments de communication et de collaboration langagières et cognitives.

C’est donc cette posture qui va peut-être dans un premier temps permettre aussi de mettre en place le cadre de bienveillance au travers des situations de communication : les relations affectives, de confiance, intellectuelles vont se mettre en place et permettre à l’enseignant de s’appuyer sur ces échanges pour guider les apprentissages dans la bienveillance.

La posture d’accompagnement, citée plus haut, peut davantage avoir son intérêt dans les processus d’observation : il s’agit pour l’enseignant d’apporter une aide ponctuelle, individuelle ou collective aux élèves. Elle place la posture de pilotage dans une dynamique souple et ouverte, l’enseignant est alors en retrait, il se retient d’agir, laisse les élèves travailler et peut de ce fait être en position d’observateur et récolter des informations sur lesquelles il prendra appui pour la suite des apprentissages.

L’enseignement en maternelle, de par sa spécificité, va demander aux enseignants de mettre aussi en place des gestes professionnels répondant à cette spécificité.

  1. Les gestes professionnels spécifiques à la maternelle

L’école maternelle a une place fondamentale comme première étape de la scolarité pour garantir la réussite de tous les élèves. Elle présente ainsi des spécificités qui demandent aux enseignants de s’appuyer sur des gestes professionnels adaptés.

Viviane Bouysse, lorsqu’elle parle des gestes professionnels essentiels en maternelle, présente trois registres clés de savoirs professionnels que l’enseignant doit mettre en œuvre.

Le premier registre clé concerne les modalités d’enseignement. Il s’agit de « faire apprendre sans faire la leçon 11» : l’enseignant doit mettre en œuvre une pédagogie structurée et explicite avec des intentions claires et communiquées aux enfants. L’enseignant doit être capable de mettre en pratique avec alternance différents modes de travail adaptés à l’âge des enfants. Le jeu (manipulation, constructions, jeux symboliques), la recherche et l’expérimentation (dans tous les domaines y compris moteur, pictural…), l‘imprégnation culturelle par l’apprentissage de comptines, chants… et les activités dirigées.

Le deuxième registre clé s’intéresse aux gestes professionnels permettant l’appropriation du langage et de la langue. L’enseignant doit d’une part connaître les instructions officielles, maîtriser les connaissances, être au clair sur les objectifs et les contenus, avoir des repères sur le parcours que chaque enfant doit effectuer.

D’autre part, il doit aussi avoir une posture professionnelle face au langage. Techniquement, il doit avoir un débit adapté, articuler, être très explicite et avoir un langage riche et modélisant. L’enseignant doit être capable de se mettre en attitude de réception : il écoute et montre aux enfants qu’il est à leur écoute, il reformule, questionne…Le langage étant un axe prioritaire en maternelle, il est important que l’enseignant soit vigilant à cette posture.

Le troisième registre est orienté vers le savoir observer : l’observation des élèves nécessite pour l’enseignant d’avoir une maîtrise préalable des connaissances didactiques et relatives au développement de l’enfant (avoir en tête des repères de progressivité, des indicateurs clés pour les compétences en construction) et maîtriser des outils nécessaires à l’observation et à la mémoire de celle-ci.

En conclusion de cette première partie, il est important de retenir que l’observation a un rôle essentiel dans l’activité enseignante. Présentes dans le référentiel des compétences du professeur des écoles, les compétences liées à l’observation doivent faire l’objet d’une réflexion et d’un travail de l’enseignant, notamment sur ses postures, dans l’objectif de développer ses capacités d’observation pour en faire un véritable geste professionnel sur lequel s’appuyer pour pratiquer une évaluation plus efficace au service de l’élève.

Il s’agit donc maintenant de voir comment aider les enseignants à développer cette posture d’observateur.

 

  • BUCHETON Dominique, SOULE Yves, Les gestes professionnels et le jeu des postures de l’enseignant dans la classe : un multi-agenda de préoccupations enchâssées.

http://educationdidactique.revues.org/543

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Créateur d'AFEST Sofiane

Créateur d'AFEST Sofiane

Formateur d'enseignants de formateurs et de cadres pédagogiques.

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