L’EXPÉRIMENTATION PRÉCISE LES CONTOURS DE L’AFEST ET SES CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE

L’EXPÉRIMENTATION PRÉCISE LES CONTOURS DE L’AFEST ET SES CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE
A. PÉRIMÈTRE ET DÉFINITION : UN NOYAU DUR ET DES RÉALITÉS PLURIELLES

L’analyse des différents projets a montré la grande diversité et plasticité des techniques et ressources mobilisées lors d’une AFEST, en termes de : Contexte sectoriel et professionnel d’implantation : elle peut être implantée dans des configurations productives et des métiers variés, et s’inscrire dans une palette large d’activités (industrielles, de back comme de front-office).

Exemples d’activités représentées dans l’expérimentation :auxiliaires vétérinaires, soigneurs animaliers, vendeurs en jardinerie, ouvriers qualifiés de l’IAA, du textile de luxe, employée d’étage dans l’hôtellerie-restauration, salariés d’industries récréatives, agents de nettoyage, intervenants à domicile, salariés de l’artisanat du bâtiment. Finalité : elle peut viser l’acquisition d’une compétence spécifique, comme s’insérer dans un parcours certifiant.

Usage : elle peut aussi s’articuler avec d’autres modalités pédagogiques (dont des séquences en présentiel et/ ou à distance) dans le cadre d’un parcours de formation hybride.
Au-delà de cette diversité de formes et d’usages, le cœur de l’AFEST s’articule autour d’un noyau dur structuré par l’alternance de deux séquences distinctes mais articulées et réitérées autant de fois que nécessaire pour produire
les apprentissages visés : Une mise en situation de travail préparée, organisée et aménagée à des fins didactiques ; Une séquence réflexive (en rupture avec l’activité
productive), animée par un « tiers », à « chaud » et/ou à « froid », visant à : – élaborer « une pensée sur l’action » 1 et lui donner du sens,
– consolider les savoirs incorporés durant les temps productifs,
– apprendre aux formés à identifier et verbaliser les compétences dont ils sont détenteurs.

Cette séquence réflexive consiste en une mise en perspective/confrontation (accompagnée) entre deux types de « supports » :
– « des traces de l’activité » issues de la mise en situation
de travail, d’une part ;
– et des références sur le prescrit, « ce qui est attendu » /
« ce qui est à faire dans l’activité » (ex : fiche de poste, référentiel métier, normes qualité de process…), d’autre
part.
L’existence de ces deux séquences, qui concrétise un résultat établi de longue date par la didactique professionnelle – on apprend par et dans le travail mais aussi à distance du travail – permet de sécuriser le fait que dans le cadre d’une AFEST, l’apprenant fait l’expérience du travail et transforme cette expérience en compétences.

B. L’EXPÉRIMENTATION PRÉCISE LES CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE PRATICABLES ET EFFICACES
1_ L’ingénierie en amont d’une AFEST :
les étapes structurantes
La phase préalable de montage, dite d’ingénierie, en
amont de la mise en œuvre effective, constitue une étape clé dans la réussite d’une AFEST, plus ou moins conséquente selon les singularités de l’environnement de travail
concerné. Elle s’articule autour de différents « moments » clés, qui pour partie sont spécifiques à l’AFEST et pour partie résonnent avec ceux devant présider à toute action
de formation (mais dont l’AFEST d’une certaine manière exacerbe l’importance) :
Un diagnostic d’opportunité visant à s’assurer qu’il s’agit du meilleur format en vue de l’acquisition d’une compétence. Un diagnostic de faisabilité/praticabilité qui vise à établir si les conditions de mise en place (et de réussite) sont réunies. Ce qui suppose en particulier de :
Sécuriser l’intention de toutes les parties prenantes et
en particulier le portage/l’engagement volontaire et « actif » du dirigeant (et de l’équipe managériale) dans la mesure où l’AFEST suppose dans bien des cas d’aménager/
manipuler l’organisation du travail.
Prendre en compte le travail de l’entreprise et ses modalités spécifiques d’organisation (ex : saisonnalité de l’activité/disponibilité des acteurs ; possibilité de desserrer les
contraintes organisationnelles (adapter l’organisation/baisser la production)…).
La désignation et qualification des compétences visées par l’effort formatif (positionnement initial du bénéficiaire, définition des compétences dont il est d’ores et déjà dé L’EXPÉRIMENTATION PRÉCISE LES CONTOURS DE L’AFEST ET SES CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE

 

Lire la suite : https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/experimentation_afest_synthese-rapport_final_septembre_2018.pdf

1/ Ulmann (A.-L.), 2015, « Apprendre le travail : les liens entre le savoir et l’action. Regards ethnographiques sur le travail et la formation pour deux métiers
de la petite enfance », La Revue de l’Ires, n° 85-86, p. 45-71.

Sofiane Créateur d'AFEST

Sofiane Créateur d'AFEST

Formateur d'enseignants de formateurs et de cadres pédagogiques.

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